Une belle rentrée BD, Franquin à l’honneur!

Repaire de la Murène EO 1957 et Gaston Footbaleur Leblon-Delienne 1995

2 objets rares, que 40 ans sépare pourtant…

Cette fois c’est parti! La rentrée BD s’effectue tambour battant avec de nombreux arrivages, tous genres confondus, et un mois dédié à Franquin, virtuose d’entre les virtuoses, sur paris-bd.com. Tout le mois vous verrez arriver sur le site ouvrages et objets liés à Franquin, du produit dérivé rare et pas cher à l’album rare et coûteux.
Toutefois nous vous avons ramené du week-end lillois de nombreuses autres merveilles, revues, petits formats ou albums qui arriverons au cours des semaines à venir…une raison supplémentaire de vous rendre régulièrement sur le site…!  Alors bonne rentrée à tous et à très vite sur le site de la boutique la Bande des cinés (…ou à la boutique, physiquement… dans le réel, enfin, en 3D, quoi..!)!

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rendez-vous à la braderie de Lille avec paris-bd !

Bonjour à tous,
de retour après quelques vacances très amplement méritées, la librairie fait sa rentrée…à Lille !

En effet, à l’occasion de la grande braderie (la plus ancienne et sans doute la plus grande au monde), la Bande des cinés/paris-bd.com s’installe pour la huitième fois devant le métro Mairie de Lille avec quelques tonnes de BD : occasions, collection, comics et revues en tous genres, fidèlement.
La braderie se déroulera samedi 31 août et dimanche 1er septembre, pour le plaisir de tous.
Rendez-vous nombreux à cet évènement incontournable…!
photographié du milieu du stand, entouré de 6 ou 7000 BD...
La boutique reprendra son activité habituelle dès mercredi 4 septembre, prête à se démener pour vous proposer toujours plus de choix et des trouvailles dans tous les genres de la bande dessinée.

À bientôt !

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un monument d’art populaire : Bob et Bobette par Willy Vandersteen

Quand Vandersteen compose un conte nordique avec Bob et Bobette.
Couverture de l’édition originale, sans doute 1953.

Voilà donc un centenaire plutôt discret !
Willy Vandersteen est né il y a 100 ans (et 1 mois), et en France tout le monde a l’air de s’en foutre.
C’est donc le moment idéal pour essayer de partager mon enthousiasme pour l’œuvre de ce pionnier de la bande dessinée Flamande à l’origine de la plus longue série de bande dessinée existant en Europe, Suske en Wiske, connu en français par le nom Bob et Bobette.
Si cette série est la plus grande et la plus populaire en Flandre, c’est également, à mon sens, l’une des plus réjouissantes de la BD franco-belge.
Vandersteen a créé un nombre important de séries comme les farces de monsieur Lambique, la famille Guignon, Bessy, le chevalier rouge, Robert et Bertand ou encore Jérôme (spin-off de la série Bob et Bobette), qui comptent, pour certaines, plus de 200 titres.

Il a également réalisé, dans un style pseudo-réaliste et avec beaucoup de talent, l’adaptation en BD d’une pièce importante de la littérature flamande (et de l’inconscient collectif flamand), l’histoire de Thyl Unlenspiegel (curieusement traduit par Till l’espiègle en français ) dans sa version revisitée par Charles Decoster qui méla le facétieux Thyl à  l’évènement historique majeur pour les Flamands que fut « la révolte des gueux », qui conduisit à leur libération du joug espagnol au milieu du 16ème siècle. Accompagné de ses amis Nele et Lamme, Thyl symbolisa alors le courage des Flandres et l’esprit belge. Pour marquer ce trait, Vandersteen n’hésita pas s’éloigner du terrible Thyl des origines, sale gosse grossier qui jouait de sales tours aux villageois plutôt aisés.

Thyl Ulenspiegel "la révolte des Gueux" page 66 de l'édition originale Lombard 1954
Thyl Ulenspiegel « la révolte des Gueux »
page 66 de l’édition originale

C’est toutefois la série Bob et Bobette qui synthétisa presque toutes les trouvailles de l’auteur et qui rassembla la grande majorité des éléments de son style si singulier .
C’est aussi dans certains albums de cette série que l’on trouve les successions de planches les plus abouties du maître qu’Hergé surnomma très justement « le Bruegel de la bande dessinée ».
Aussi populaire en Flandre que Tex Willer en Italie, Astro boy au japon ou Snoopy aux états-unis, cette série compte aujourd’hui plus de 250 albums, réalisés pour la plupart par le Studio Vandersteen, longtemps composé de disciples du maître, dans la plus pure tradition flamande.

La joyeuse équipée qui peuple cette série se forme peu à peu durant les premiers albums, pour n’être vraiment complète qu’à l’arrivée de p’tit Jérôme, l’Hercule au cœur d’enfant et au langage très particulier, dans l’album les mousquetaires endiablés, en 1953 (1955 en français).

1ère apparition de p’tit Jérôme, un étrange être préhistorique utilisé au départ comme arme secrète…

difficile de voir chez ce nain indestructible le futur hercule de la famille, qui aura sa propre série comme super-héros costumé !

C’est une drôle de famille qui se forme ainsi, uniquement faite de pièces rapportées avec, comme seul lien de parenté avéré, celui qui lie Bobette et « tante » Sidonie, les deux premiers personnages de la série. Plutôt étrange et sans doute moins rare dans les périodes d’immédiate après-guerre, ce genre de composition pseudo-familiale permet infiniment plus d’histoires alambiquées (c’est le cas de le dire), puisqu’il règne une grande liberté d’action chez chacun.
Cela permettait également à l’auteur d’éprouver l’affection de ces héros entre eux à chaque album (ou presque) sans que cela ne soit lassant ou trop mièvre.
En fait, l’équipée ainsi formée par Vandersteen, à la fois très unie et composé de personnages très libres et indépendants les uns de autres (apparemment) avait la forme parfaite pour voyager à travers toutes les époques, tous les pays, bon nombre de contes et légendes sans que cela ne fusse lassant.

En France, suite à la parution dans le journal tintin, les jeunes lecteurs découvraient une Bobette autre, moins chipie et bien plus élégante,  Lambique et Bob plus altiers, mais furent privés de la présence de la tante Sidonie. C’est à la demande d’Hergé, alors maître incontesté de la BD franco-belge et grand manitou du journal de Tintin, que Willy Vandersteen donna une forme plus « ligne claire » à sa série, justement moins Bruegelienne , aboutissant à quelques joyaux comme l’incontournable Clef de bronze. Cet  album en particulier, que j’affectionne grandement, est probablement le moins « populaire », c’est à dire le plus « bourgeois » de tous : le point de départ est un bel hôtel de Mocano (Monaco), et l’intrigue se situe autour du prince René II. Vandersteen s’amuse même à caricaturer un côté bonne famille exacerbé chez nos héros.
C’était donc l’album ultime pour être publié chez Hergé…

plongée sous-marine et principauté, l’album idéal pour être publié dans le journal de Tintin.
Page 7 de « la Clef de bronze », édition originale de 1957, collection du Lombard.
On notera la différence de ton avec l’album « les chevaliers de la rue » paru au même moment chez Érasme, franchement anar en comparaison…

les terribles crabes géants dans les grottes secrètes sous mocano.
Page 38 de la « Clef de Bronze »

Pourtant, si l’âme de la série se perçoit dans ces albums dits de la période bleue -appelés ainsi du fait de la couleur d’une partie des albums de la série parus dans la collection du Lombard après être passés dans le journal du célèbre reporter-, cela reste un peu édulcoré. elle s’exprime pleinement dans les albums publiés parallèlement chez Erasme, dans ces albums brochés rouges (ayant au début de la série une version cartonnée avec dos toilé rouge).

« Les Martiens sont là! », l’un des quatre albums brochés bleus, pré-publiés dans le journal de Tintin. Edition originale, collection du Lombard 1956, disponible sur paris-bd.com

En effet, les histoires du journal de Tintin sont pourvus de fantaisie (les crabes géants de la clef de bronze m’ont marqué à jamais, comme Lambique prenant sont petit déjeuner sur la tête d’un dinosaure) mais les albums parus chez Erasme semblent n’être soumis à aucune espèce de filtre, et l’histoire est étoffée d’instants burlesques, de monologues excentriques, venant souvent de Lambique et de tante Sidonie, ainsi que des scènes parfois loufoques ou inquiétantes.
Il y a assez peu de séries avec une intrigue grave et des sujets dramatiques ainsi ponctués de moments délirants voire burlesques.
On retrouve ça de manière nettement moins débridé avec la présence de Tournesol dans les aventures de Tintin, avec Fantasio dans les aventures de Spirou, mais on constate que ce sont les personnages secondaires qui font preuve d’excentricité et non les héros.
Le seul auteur qui me vienne à l’esprit dont les personnages passent ainsi du comique au grave ou au tragique est Ozamu Tezuka, le père d’Astro Boy. Je tâcherai d’ailleurs de démontrer les grandes similitudes qu’il y a entre ces deux très grands auteurs de bandes dessinées, comparables en bien des points (un futur volet de ce modeste dossier Vandersteen).
Dans les aventures de Bob et Bobette,  le personnage principal est l’ensemble de cette famille recomposée et, à part Bob, dans l’ensemble plus sensé -quoique les épisodes à Amphoria nous en feraient douter-, cette famille-héros est constituée d’individus au comportement atypique, alternant gravité et bouffonnerie sans que la lecture en soit perturbée.
M’est avis, pour clore cette petite présentation totalement arbitraire de la série aux 250 albums, que rares furent les séries dont la conception et la forme permit si aisément d’aborder tous les thèmes ou presque, sociaux, politiques, historique, spirituels, sans manquer d’auto-dérision et d’un humour tantôt féroce et tantôt très bon enfant, de sorte à ne jamais être lassant.

Bob et Bobette au pays des Nibelungen.
Ici l’opposition entre Bobette qui profite de son statut de princesse (légitime quand on est une jeune fille) et Bob qui s’insurge contre l’ordre établi et préfère une vie frustre à l’injustice de la vie au château.
« le trésor de Fiskary » éditions Erasme 1954.

C’est une lecture savoureuse et marquante, dont la forme peut paraître un peu surannée mais qui, bien au contraire, me paraît conserver une fraîcheur, une liberté et une vivacité que les sages monuments de la BD franco-belge de la ligne claire n’ont pas.

…La suite ensuite !

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Venez nombreux au 12ème salon de la bande dessinée de collection de Paris, samedi 1er et dimanche 2 novembre 2012 à la mairie du 13ème arrondissement

visuel de l’affiche du Salon de la BD de collection.

Cette année encore nous nous retrouverons nombreux, auteurs, marchands, lecteurs et/ou collectionneurs, dans la superbe salle principale de la mairie du 13ème arrondissement.
Vous y retrouverez la librairie La Bande des cinés, c’est à dire moi, derrière un stand rempli d’éditions originales, de tirages spéciaux, d’albums dédicacés, de produits dérivés, de comics, de petits formats, de récits complets, de journaux en recueils etc.
Bien entendu, on y retrouvera nombre d’autres libraires, mais aussi des auteurs en dédicace comme Richard Médioni  (pour la sortie de son invraisemblable ouvrage sur toute la presse enfantine issue de la mouvance socialiste et communiste depuis 1901), dont on peut lire un sympathique interview , ou le génial Mandryka et bien d’autres.
alors venez nombreux, l’entrée est libre, vous trouverez forcément quelque ouvrage rare manquant à votre collection, ou quelque lecture à venir, et vos yeux croiserons à coup sûr de belles et rares bandes dessinées, et de belles planches originales, ce qui est  toujours un plaisir.
A samedi, donc, de 10h à 18h, au 1er étage de la mairie du 13ème, place d’Italie, à Paris.

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la bande dessinée de collection en ligne a désormais un nom : paris-bd.com

le très rare album de Benjamin Rabier, 1909, qui compte près de 300 illustrations du maître, et 25 pleines pages couleur…

Une double victoire pour les amoureux de bandes dessinées en tous genres : le site paris-bd.com est arrivé, enfin, promettant un avenir plein de trouvailles formidables et, il entraîne avec lui la résurrection
d’Amazonie-Bay,  le blog qui réjouira les amateurs d’article réjouissants (ou pas).

Cet évènement, dont le singe Cornélius retrouvera encore les traces dues au retentissement lorsque ses congénères auront remplacé les nôtres, marque également un tournant dans l’ère dans l’E-commerce de la BD de collection.

Plus besoin d’Ebay et autres Priceminister pour trouver des abums dans leur édition originale, des revues, des petits formats, des comics, des récits complets ou des tirages spéciaux en toute quiétude, il vous suffit à présent de commander vos trouvailles sur le site paris-bd.com en échange d’argent (c’est un peu conventionnel mais j’y tiens assez), le site étant doté d’un système de  paiement ultra-sécurisé nommé Cybermut (CIC-crédit mutuel).

Cela permettra également aux habitués de la librairie (« la Bande des cinés » 83 rue Pajol, Paris 18ème) de jeter un oeil aux nouvelles entrées avant de se déplacer.

Pour illustrer la réclame à peine dissimulée, voici quelques exemples, presque au pif, d’ouvrages disponibles ce jour sur paris-bd.com.L’idée est d’essayer de couvrir tous les genres de la bande dessinée, de Tintin à Corben, en passant par tous les auteurs qui firent les grandes heures de la presse BD française, populaire, bien pensante ou décadente.

Rare recueil éditeur n°6 de la dernière série grand format de l’incontournable journal « VAILLANT », mai 1961.

Tous les journaux de BD ou presque ont leur lot de séries jamais rééditées, parfois de grande qualité. Vaillant sans doute le premier d’entre tous…

rare petit album de 1973 au titre évocateur, T1 de la série Sturmtruppen


 

 

 

 

 

 

 

La suite poussera également les amateurs à fouiller dans les recoins du site, qui semble vouloir proposer revues d’étude mythiques comme Haga ou Giff-Wiff, ou des documents improbables comme le premier tract publicitaire pour Tintin et Milou, datant de 1937…

rare publication belge de 1965, en couleurs. au format comics, c’est un peu notre « golden age » à nous…

Longue vie à ce site dédié à la bande dessinée sous toutes ses formes, longue vie à ce blog et donc longue vie à la boutique.

Bref, longue vie à mézigue et vive la bande dessinée…!

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Tintin pour tous, justice nulle part

Le fameux tintinophile Pierre Assouline publie sur son blog les lignes qui suivent, écrites par Bob Garcia, écrivain de polars, musicien de jazz et chroniqueur sur TSF, aux prises avec les éditions Moulisart qui, non contentes d’avoir remporté un procès suspect, réclament la saisie de sa maison.

“Je suis auteur de polars aux éditions du Rocher, Payot-Rivage, etc. (Testament de Sherlock Holmes, Duel en enfer, etc.) En marge de mon travail d’écrivain, j’ai publié par passion cinq petites études tintinophiles, tirées en moyenne à 500 exemplaires chacune, dans le cadre d’une association loi 1901 (Promocom) dont le but est de faire connaître Tintin auprès du jeune public. Certains de ces ouvrages contiennent quelques vignettes de Hergé au titre de la courte citation graphique et conformément à la convention de Berne de 1974 (Acte de Paris), afin d’illustrer le propos. Ni Promocom, ni moi-même n’avons gagné un centime avec ces publications quasi confidentielles. Un premier jugement – Tribunal de Nanterre – dans le procès opposant Moulinsart/Rodwell à Promocom/Garcia a admis le principe de la courte citation graphique. Moulinsart a fait appel. Le jugement en appel – Tribunal de Versailles – infirme sur le principe de courte citation graphique et me condamne à payer 48.619,76 euros pour contrefaçon, sur des accusations mensongères et non démontrées de Moulinsart (on me demande par exemple de retirer des images de Tintin d’un de mes ouvrages qui n’en contient aucune !)

L’association Promocom étant acculée au dépôt de bilan, et ne pouvant pas moi-même payer cette somme (je ne suis pas imposable en 2009), j’ai donc proposé par voie d’avocat une solution de conciliation à Moulinsart qui connaît fort bien ma situation financière. Réponse de Moulinsart : commandement de payer avec saisie-vente de ma maison, au plus tard mercredi 28 octobre. Je souhaite dénoncer les procédés orduriers de Rodwell et de Moulinsart, en montrant la violence et l’acharnement dont ils font preuve à mon égard. Un proche de Rodwell a annoncé publiquement devant témoins que « Rodwell veut la peau de Bob Garcia. Jusqu’à quand les juges vont-ils donner raison à un tel personnage ?”

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ah ça, oui, j’ai aimé « les Watchmen » – le film…

…notamment parce qu’il est fidèle à la BD. Même incroyablement fidèle; en fait, je pense que c’est l’une des adaptations filmées de BD les plus fidèles qui ait été faite. plusieurs scènes ont fait ressurgir de ma mémoire des cases précises, alors que ma dernière lecture en date de l’oeuvre de Moore et Gibbons date d’il y a au moins 15 ans ! C’est dire si Snyder, le réalisateur du film, avait la BD en tête (et en mains). Le générique est superbe, façon Viewmaster, et le Rorschach est plus réussi encore que dans la BD.

Rorschach, le héros psychopathe

Rorschach, le héros psychopathe

Cependant, il faut le dire : ce film se passe difficilement d’une lecture préalable de l’oeuvre du maître-scénariste druidique, et le sens du récit se brouille pour qui n’a pas eu le loisir de faire les va-et-viens que permet le support papier ( dans le cas des Watchmen, publié initiallement en 6 tomes chez Zenda, les allez-retour faisaient partie du mode normal de lecture… il y avait une attente de 3 mois entre la sortie de chaque tome.) .
Le ryhtme est très lent au début mais sans toutefois permettre d’appréhender vraiment l’univers de personnages. Le propos est donc un peu confus malgré la grande qualité de la plupart des séquences.
C’est d’ailleurs sans doute une conséquence directe du soucis de coller à ce récit d’art séquentiel : le film semble un peu haché malgré son scénario virtuose, et les alternances brusques de musiques très diverses renforcent ce sentiment.
Pour ma part, j’ai adoré bon nombre d’aspects de Watchmen – le film. J’ai aimé la retrospective Minutemen/Watchmen du début, ainsi que le couple Hibou/Rorschach, qui ressemble à un Batman scindé en deux : le justicier nocturne obcessionnel sans compromis d’un côté, le héros fortuné et technologique moitié homme moitié oiseau nocturne de l’autre.   Globalement le casting est parfait et l’esthétique réussie. J’ai aimé les costars sont désuets et le docteur Manhattan est réussi, à poil la plupart du temps, comme dans la BD (c’est le genre de détail que les codes hollywoodiens ont tendance à ne pas permettre…). Seul personnage peu et mal exploité, Ozymandias était pourtant joué par un acteur parfaitement adapté. On peut supposer que le but était de nous éloigner de tout soupson le concernant, mais c’est au contraire ce qui peut nous mettre la puce à l’oreille…
Bref, j’ai aimé mais j’aurais sans doute été plus mesuré si je n’avais pas lu le comics 3 ou 4 fois…

les personnages de Watchmen-la BD, créés par Moore et Gibbons

les personnages de Watchmen-la BD, créés par Moore et Gibbons

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Bdm et cotes : l’Oeuf ou la poule ? (3 sur 3)

la bande dessinée la plus chère au monde : Action comics n°1 (1938 - 1ère apparition de Superman)

la bande dessinée la plus chère au monde : Action comics n°1 (1938 - 1ère apparition de Superman)

Voilà donc, pour clore un temps le sujet, la dernière partie laborieusement abordé par votre serviteur de ce sujet qu’est la BD de collection et sa bible-argus, le BDM.
Car l’aspect le plus sensible du rapport entre le BDM et son objet de cotation est la notion d’état.
En effet, la tendance de ces dernières années est l' »état neuf » à tout(et tous) prix, c’est à dire l’exigence pour l’objet convoité d’être obtenu dans un état de conservation tel qu’on puisse le croire imprimé 2 heures plus tôt…même s’il date des années 30, ou même de la fin du 19ème siecle. Bien sûr tous les collectionneurs ne sont pas aussi exclusifs, et les plus radicaux sont bien souvent des nouveaux collectionneurs (ayant débuté leur collection fin des année 90 ou après 2000); mais la tendance est là et la valeur des ouvrages ne peut plus être déterminée comme avant.
Le BDM a tenté de s’adapter à ce changement, en ajoutant à sa grille de barêmes des indications relatives à l’état de tel ou tel ouvrage précis (facteur multiplicateur en cas d’état neuf, valeur indiquée pour un état neuf uniquement…). Pourtant le doute subsiste : cet album-ci méritait-il sa cote, ou moins (ou plus)? Cet album-là est un peu abîmé ça et là mais est notoirement fragile…que vaut-il?
Les deux refuges se présentent simplement : acheter à l’état neuf, quel que soit le prix ou presque, ou, dans le doute, faire une affaire telle que l’on soit sûr de ne pas se tromper, ce qui signifie ne presque rien acheter, se qui évite les erreurs et, dans le même temps, la plaisir d’acquérir des BD dans sa collection. Cette double économie n’étant souhaitée ouvertement par personne, que faut-il faire?
J’ai bien une idée mais…comment dire, elle est…américaine! Oui, je sais, vous me direz : quoi? comment? Une honte, s’inspirer du pays qui a généré les pires déviances de la collectionnite aigüe?!
Justement, répondrai-je. Ils ont fait le tour des possibilités de ce que cela peut avoir de plus pathologique, et ont inventé des systèmes pour que le marché soit huilé comme un plat très huilé. Dans ce système assez extrème, le moins schizophrénique est le mode de cotation. Comme on pouvait s’en douter, la BD la plus chère du monde est américaine. Il s’agit d’Action comics n°1 qui cote 580 000 $.
Oui mais cette cote n’est pas donnée pour un état flou comme celui que le BDM appelle bon état dans son introduction. Le collectionneur-spéculateur-milliardaire américain serait bien enquiquiné de devoir faire appel aux divinités (autres que le dollar) pour déterminer de la valeur de son Action comics n°1 gem mint (=super-neuf) alors que sa cote serait donnée pour un bon état sans plus…
Ils ont donc décidé de partir de cet état stupéfiant. Ainsi, un même album (ici Amazing fantasy #15, avec la première apparition de Spider-man) peut coter 72 000 $ en état near mint (9,4/10), 12 000 $ en état fine (6,5/10), et 3 000 $ en état good (2/10), chaque palierétant déterminé selon des critères très précis (plus de 20 paliers en tout, réunis sous la banière de 8 grandes familles d’état).
Cela laisse assez peu de place à l’à peu près et, surtout, cela donne une place à chaque album, quel que soit son état. La majorité des collectionneurs seront ainsi attirés par le very fine/near mint qui correspond à notre très très bon état, mais d’autres visent plutôt le very good (notre bon état) ou le fine (bon état +), ce qui leur permet d’atteindre, à des prix parfois élevés mais accessibles, des comics parmis les plus rares.
Je pense donc pour conclure que le BDM, fort de 30 ans de règne incontesté et de service rendu, devrait entamer les dures transformations nécessaires :
1) ne coter que les ouvrages qu’ils connaissent (cela en fait déjà un nombre considérable), quitte à indiquer devant les albums qu’ils connaissent mal qu’ils n’en précisent pas de cote. D’autres se chargerons certainement, et avec passion, de mettre un chiffre devant les ouvrages underground, les mangas, les fanzines et bon nombre d’albums des années fin 70 à nos jours…
2) envisager de copier les américains (1 fois de plusse ou de moinsse) qui ont choisi un système plus précis de cotation, qui épargne les rafistolages auquel on assiste de plus en plus dans le BDM…
3) essayer de moins devancer les tendances (en s’éloignant ce coup-là du modèle US) car cela amène à de drôles de vagues de spéculation, artificielles et d’une durée de vie bien souvent très courte…
Ouf ! On ne m’y reprendra pas à faire un dossier pareil…Je sens que je vais plutôt refaire un bon vieux quiz des phrases subtiles entendues en boutique BD…

une case de la BD la plus chère d'Europe : Tintin au pays des soviets (1930), avec la première apparition (en album) du jeune reporter : environ 10 000 euros

une case de la BD la plus chère d'Europe : Tintin au pays des soviets (1930), avec la première apparition (en album) du jeune reporter : environ 10 000 euros

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La bédé c’est sympa

La ligne 13 du métro parisien (Chatillon – Saint-Denis/Asnières) est la plus problématique du réseau, ses usagers usagés la surnomment « la bétaillère ». Le nombre de rames, rapporté au nombre de passagers, est notoirement insuffisant, mais la RATP, qui impute à ses clients la responsabilité de leurs problèmes, vient de lancer une campagne pour pousser ceux qui emploient son réseau à se comporter mieux, à ne pas bloquer les trains en essayant d’y monter coûte que coûte, etc.
Afin de faire accepter cette démarche  un peu étonnante, le service de communication chargé de « vendre » la nouvelle campagne au public a eu l’idée de le faire avec des bulles :

rapt_bulles

Outre la campagne d’affichage et les prospectus (ci-dessus), des phylactères autocollants contenant des slogans sont collés sur les rames de métro.
Pourquoi des phylactères ? Qu’est-ce que ça signifie ? Est-ce que la bande dessinée a la réputation « sympa » de pouvoir apprivoiser l’utilisateur colérique de la RATP ? Ou est-ce qu’on cherche à amadouer l’enfant qui est en lui (la bédé c’est pour les bébés).

On se demande pour qui tout cela est le plus insultant – pour l’usager des transports ou pour la bande dessinée !

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ANGOULEME 2009 : BELLE DISTRIBUTION DES PRIX…

Voilà que j’apprends que le grand prix d’Angoulème 2009 est Blutch.

americains_angouleme_2009
Je trouve ça bien. Je trouve même ça très bien , ça confirme à mes yeux le but d’un grand prix de ce genre : récompenser un auteur pour l’ensemble de sa carrière en cours ; et lorsqu’un auteur n’est pas  particulièrement dans une période ou l’actualité parle de lui c’est mieux encore, ça prouve bien que son oeuvre dépasse les fluctuations d’intérêt immédiat du public. En tous cas Blutch est un auteur prolifique et virtuose à la fois, qui nous a laissé des œuvres parfaitement incontournable (parmis mes ouvrages préférés dans le désordre : Blotch, le petit Christian, Waldo’s bar, vitesse moderne…).

angouleme_2009_selection

Voilà, donc, qui fait plaisir, mais il y a mieux. Meilleur album 2009 :  Pinocchio par Winshluss !!!
Alors là je dis : ça c’est du jury, du bon ! J’ajoute qu’ils auraient été le meilleurs jury de tous les temps s’ils avaient primé ex aequo Pinocchio de Winshluss et Gus de Blain, mais bon…
En tous cas je note une certaine audace, même si le prodigieux Winshluss a le vent en poupe depuis la sortie et le succès de persepolis au cinéma, dont il est le réalisateur, rien que ça.

winshluss_angouleme_2009

Eh bien bravo Winshluss et merci pour vos beaux albums (nom de diouss mais avez-vous seulement lu Smart monkey? c’est une merveille…), et bravo au jury qui sait reconnaître le talent, comme un certain redacteur modeste de blog modeste (voir l’article : il faut lire Pinocchio de Winshluss)…

Autres prix : Bastien Vivès est la révélation avec « Le goût du chlore », les éditions Cornélius obtiennent le prix Patrimoine pour « Opération mort » de Shigeru Mizuki, Joann Sfar est le prix jeunesse pour son « Petit prince », Gally est prix Fnac-SNCF et les cinq albums dits « essentiels » sont  »Lulu femme nue, premier livre » (Davodeau), « Martha Jane Cannary, tome 1 » (Blanchin et Perrissin), « Le Petit Christian, tome 2 » (Blutch), « Spirou et Fantasio – Le Journal d’un ingénu » (Émile Bravo) et ‘Tamara Drewe » (Posy Simmonds)

La suite ensuite…

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